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| Anchois: le dilemne (le 25/07/2007 à 19h27) |
  S'il faut un exemple pour comprendre l'équilibre que Bruxelles doit trouver entre les intérêts économiques et les besoins écologiques, le sujet des anchois est bien trouvé. Cet article sera donc l'occasion de se rendre compte de l'arbitrage pris par les 27 sur cette question.
Voilà deux ans que la pêche à l'anchois est interdite dans le golfe du Gascogne. Une situation intenable pour les pêcheurs de la Turballe et de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, deux ports dont le chiffre d'affaires dépend à 60-80% du poisson bleu. En clair, le maintien de l'interdiction de la pêche à l'anchois entrainerait la quasi-disparition des deux flotilles. En outre, comme on l'affirme là-bas, "un homme qui va à la mer, c’est trois emplois directs à terre et bien d’autres induits.". De plus, la reconversion vers d'autres pêches est "extrêmement compliquée", dixit Yves Achallé: "Les espèces qui se vendent bien, comme la langoustine ou la sole, sont elles aussi soumises à des quotas. Chaque année, ceux-ci sont répartis entre les ports aux organisations de producteurs (OP), en fonction des prises de l’année précédente. Notre OP ne peut du jour au lendemain doubler son tonnage sur telle ou telle espèce.". Quant au travail "à terre", la reconversion semble être difficile à accepter pour les marins les plus expérimentés. Cette crise socio-économique est indubitablement à mettre en relation avec la crise écologique relative à l'anchois dans le golfe de Gascogne. Car l'anchois se fait rare dans cette partie de l'Atlantique. En cause, le réchauffement et l'acidification des océans qui portent atteinte au poisson bleu mais aussi au plancton, sa principale source d'alimentation. Mais c'est surtout la pêche intensive (33.000 tonnes par an d'après les chiffres officiels) de l'anchois qui a conduit à sa "disparition". Résultat: en juillet 2005, on estimait plus qu'à 15.000 tonnes le stock d'anchois disponible dans le golfe de Gascogne. La décision d'arrêter momentanément la pêche à l'anchois a donc été prise par Bruxelles. Jusqu'en 2008. Or, cet été, les pêcheurs vendéens d'anchois se sont mobilisés, bloquant notamment les ports de La Rochelle, des Sables d'Olonnes, de Saint-Gilles-Croix-de-Vie ou encore de la Turballe. Leurs revendications: la mise en place de quotas, une sorte de minimum de survie pour eux. Michel Barnier, le tout nouveau ministre de la Pêche et de l'Agriculture, s'est particulièrement investi dans ce sens. Mais Bruxelles n'a pas plié. L'institut basque AZTI estime à 25.000 tonnes les réserves d'anchois, Ifremer à 30.000. Or, le seuil de viabilité biologique s'élève à 33.000 tonnes. En juin, le Comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) remet à la Commission Européenne un rapport prônant le maintien de l'interdiction de la pêche à l'anchois jusqu'en juillet 2008. Bruxelles, finalement, a suivi ces prescriptions.
En interdisant provisoirement la pêche à l'anchois, la Commission Européenne a aussi misé sur le long terme: la poursuite de l'activité aurait sans doute conduit à la fin pure et simple de la pêche à l'anchois, qui aurait vite disparu du golfe de Gascogne. Paris et Bruxelles ont tout de même débloqué un chèque de 15 millions d'euros pour venir en aide aux marins vendéens.
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